Les arbres d’Alexandre Hollan s’extraient
de tout paysage, ni tronc ni racines ne les attachent. C’est
par le jeu du vide et du plein créé par le noir de
l’encre, du lavis ou du fusain, par les trouées du
vide, que l’écriture de l’arbre de ce monde méditatif
s’offre. L’arbre n’appartient plus à la
nature, mais à l’œil, à la main qui transporte.
Le mouvement même de l’arbre reçoit l’empreinte
du vent. Cette forme devient sensible dans la mesure où la
réflexion, la spiritualité, les émotions, les
humeurs, dans un même ensemble, un même présent,
se côtoient et circulent. Recevoir la présence, telle
est la tâche du peintre. Par cette rencontre, l’artiste
trouve la respiration de l’objet, sa vitalité, ses
matières de forces, de tensions, d’inertie.
Alexandre Hollan. Un seul arbre, Joliette,
Musée d'art de Joliette, 2006.
L'exposition fait se rejoindre les questionnements
de la poète et ceux du peintre. La forme de l'arbre, selon
le vent, la lumière et les multiples enchevêtrements
qui l'animent, « reçoit la présence ».
Elle fait ainsi appel, selon Louise Warren, aux variations. À
ce titre, elle se rapprocherait autant d'un thème musical
que d'une «oeuvre poétique» [...] Se
rejoignant sur ces « écritures d'arbres», dessin
et poésie inerrogent en commun, dixit Louise Warren,
un même rapport à l'espace.
René Viau, Le Devoir, 4 novembre
2006
.
À mi-chemin entre les arts visuels et la
littérature, l'exposition Un seul arbre sort, si
l'on peut dire, des sentiers battus et offre aux visiteurs une plongée
dans l'univers de l'artiste français Alexandre Hollan.